Ellipse

Dévaluation - dette publique

« … La France a encore de nombreux atouts, mais la crise de l’euro a révélé ses faiblesses. Cela fait des années qu’elle perd de sa compétitivité face à l’Allemagne et le fossé ne cesse de se creuser depuis que les Allemands ont réduit leurs coûts et entrepris de grandes réformes. Ne pouvant pas dévaluer sa monnaie,  Paris a eu recours à la dette publique. Alors que d’autres pays européens parvenaient à limiter le poids de l’Etat dans leur budget, celui de la France représente presque 57% du PIB, le chiffre le plus élevé de la zone euro. …

 

… »

 

« La bombe française », The Economist, 17 novembre 2012, repris par Courrier International, n° 1151, du 22 au 28 novembre 2012

 

Ne pouvant pas dévaluer sa monnaie,  Paris a eu recours à la dette publique.

 

Que signifie cette phrase ? Choisir entre les propositions ci-dessous et retrouver la réponse la moins erronée dans « solutions »

 

1re solution

            La France ne peut pas dévaluer sa monnaie, car elle n’a plus de monnaie propre, puisque sa monnaie est l’euro.

 

            Si le franc existait encore, elle pourrait le dévaluer pour regagner de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

            Sa balance commerciale se rééquilibrerait, les caisses de l’Etat se rempliraient de devises, elle n’aurait plus besoin de s’endetter.

 

            Mais ce n’est pas possible. Donc, « Paris » n’a pas d’autre solution que de  « recourir à la dette publique ».

 

2e solution

 

            La France ne peut pas dévaluer sa monnaie, car elle n’a plus de monnaie propre, puisque sa monnaie est l’euro.

 

            Si le franc existait encore, elle pourrait créer des francs qui seraient injectés dans le circuit économique. Le franc se dévaluerait, certes, car il y en aurait trop. Mais l’activité économique serait relancée, la croissance reviendrait, les impôts rentreraient davantage dans les caisses de l’Etat, ce qui éviterait à celui-ci de s’endetter davantage.

 

            Mais ce n’est pas possible. Donc, « Paris » n’a pas d’autre solution que de  « recourir à la dette publique ».

 

3e solution

 

            La France ne peut pas dévaluer sa monnaie, car elle n’a plus de monnaie propre, puisque sa monnaie est l’euro.

 

            Si le franc existait encore, elle pourrait créer des francs qui seraient injectés dans le circuit économique. Le franc se dévaluerait, car il y en aurait trop. Cela provoquerait de l’inflation, qui diminuerait la valeur réelle des remboursements et des intérêts liés à la dette publique.

 

            Mais ce n’est pas possible. Donc, « Paris » n’a pas la possibilité d’alléger sa dette publique, ce qui est traduit par : « Paris a eu recours à la dette publique ».

 

4e solution

 

            La France ne peut pas dévaluer sa monnaie, car elle n’a plus de monnaie propre, puisque sa monnaie est l’euro.

 

            Si le franc existait encore, elle pourrait le dévaluer pour regagner de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

            L’augmentation des exportations françaises en direction de l’Allemagne, en s’ajoutant au marché intérieur déjà existant, tirerait la croissance. Les recettes publiques étant soit proportionnelle, soit plus que proportionnelles au revenu national, elles augmenteraient, ce qui diminuerait le déficit public et éviterait à l’Etat de s’endetter.

 

            Mais ce n’est pas possible. Donc, « Paris » n’a pas d’autre solution que de  « recourir à la dette publique ».

 

5e solution

 

            La France a besoin de relancer sa croissance économique pour faire face à la montée du chômage.

 

            Or, la France ne peut pas dévaluer sa monnaie, car elle n’a plus de monnaie propre, puisque sa monnaie est l’euro.

 

            Si le franc existait encore, elle pourrait le dévaluer pour regagner de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

            L’augmentation des exportations françaises en direction de l’Allemagne, en s’ajoutant au marché intérieur déjà existant, tirerait la croissance.

 

            Mais cette politique ne peut être utilisée. La France ne peut non plus, pour la même raison, pratiquer une relance monétaire de l’activité économique, qui consisterait à décider de créer de la monnaie pour alimenter le circuit économique et relancer ainsi l’activité par le crédit.

 

            Il ne lui reste donc que la relance par le déficit budgétaire public, ce qui conduit l’Etat à s’endetter. Donc, « Paris » n’a pas d’autre solution que de  « recourir à la dette publique ».

 

Dévaluation - budget public

 

« …

 

            Autre menace pour les maigres ressources de nos concitoyens : la chute de la devise nationale, le dram. En mars 2009, les pouvoirs publics ont déjà grugé le peuple en cessant d’intervenir pendant une journée pour maintenir son cours sur les Bourses locales, et le dollar est ainsi passé de 300 à 360 drams. Tous les affairistes étaient au courant, seuls les citoyens de base n’ont rien vu venir et ont perdu une bonne part de leurs économies. Aujourd’hui, ce scénario pourrait se répéter, car dans les estimations des risques qui pèsent sur le budget 2013, le gouvernement n’exclut pas que le dram puisse être dévalué de 20%.... »

 

 David Stepanian : « Un pays aux mains des oligarques », Vestnik Kavkaza Moscou, Erevan (Arménie). Courrier International, n°1163 du 14 au 20 février 2013 p 26.

 

 

 

Dans les estimations des risques qui pèsent sur le budget 2013, le gouvernement n’exclut pas que le dram puisse être dévalué de 20%.... »

 

            L’auteur devrait nous expliquer en quoi l’éventualité d’une dévaluation de la monnaie arménienne, le dramconstitue un risque pour le budget 2013.

 

            Choisir entre les propositions ci-dessous et retrouver la réponse la moins erronée dans « solutions »

 

1re solution

 

            L’auteur considère les effets d’une dévaluation sur le commerce extérieur. Une  dévaluation du dram stimulerait les exportations et découragerait les importations.

 

            Or, les importations génèrent des recettes publiques dues aux  droits de douane qui sont prélevés sur elles afin de les décourager. Si la dévaluation envisagée en Arménie décourageait effectivement les importations de ce pays, il est permis de penser qu’elle diminuerait indirectement certaines  recettes fiscales. Cette éventualité constitue donc un risque pour le budget de l’Etat arménien en 2013.

 

2e solution

 

            L’auteur considère les effets d’une dévaluation sur la dette publique et, plus précisément, sur la part du budget 2013 consacrée au service de cette dette. Le service de la dette publique constitue pour l’Etat une charge fixe, en ce sens que les créanciers de l’Etat arménien réclameront la même somme quelle que soit la croissance, quel que soit le niveau des prix et le coût de la vie dans le pays. 

 

            Or, une dévaluation, c’est une baisse de la valeur de la monnaie, c’est-à-dire de son pouvoir d’achat. Si une unité monétaire (par exemple le dram) vaut moins qu’auparavant, c’est qu’elle permet d’acheter moins de biens et de services, c’est donc que les prix augmentent.

 

            Avec la dévaluation, donc l’inflation, la charge réelle (en pouvoir d’achat) de la dette publique serait de plus en plus légère dans le budget de l’Etat arménien.

 

3e solution

 

            L’auteur considère les effets d’une dévaluation sur la dette publique et, plus précisément, sur la part du budget 2013 consacrée au service de cette dette. Le service de la dette publique constitue pour l’Etat une charge fixe, en ce sens que les créanciers de l’Etat arménien réclameront la même somme quelle que soit la croissance, quel que soit le niveau des prix et le coût de la vie dans le pays.  Or, qui dit dévaluation dit augmentation des prix, accélération de l’inflation, parce que les produits importés coûtent plus cher en monnaie nationale et que leur enchérissement se répercute sur l’ensemble des prix.

 

            La dévaluation, donc l’inflation, ferait diminuer le poids réel de la charge de la dette publique dans le budget de l’Etat arménien.

 

4e solution

 

            L’auteur considère les effets d’une dévaluation sur la dette publique et, plus précisément, sur la part du budget 2013 consacrée au service de cette dette. Le service de la dette publique constitue pour l’Etat une charge fixe, en ce sens que les créanciers de l’Etat arménien réclameront la même somme quelle que soit la croissance, quel que soit le montant des exportations ou des importations, quel que soit enfin le taux de change du dram. Cependant, pour ce qui est des créanciers étrangers, la somme qu’ils recevront dans leur propre monnaie sera fixe, mais ce qu’elle représente pour l’Etat arménien en dépense serait augmenté par une dévaluation éventuelle du dram.  C’est ici que se situe vraisemblablement pour l’auteur le « risque » de la dévaluation « pour le budget 2013 » (et on pourrait ajouter « pour ceux qui suivront »).