La tautologie

Définition

Ce qu'en disent les spécialistes

            « Vice logique consistant à présenter comme ayant un sens une proposition dont le prédicat ne dit rien de plus que le thème »

« Les enfants sont les enfants et nos deux jumeaux ne faisaient pas exception à cette règle universelle (Joyce, Ulysse, p. 334).

 

            Exemple courant : « On est comme on est ».

Illustrations

Moi, ce que j'en dis...

photo Shutterstock
photo Shutterstock

Le Yalta divin

 

            L’auteur d’une sanglante prise d’otages survenue dans un café  de Sidney dans la nuit du 14 au 15 décembre 2014,  un réfugié iranien « aux motivations incertaines », fit afficher à la fenêtre un « drapeau islamique », sur lequel figurait  une inscription en arabe que les médias occidentaux (exemple lemonde.fr, 15 décembre 2014, 9 h 29) ont généralement traduite par

            « Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète ».

            C’est une traduction absurde. En arabe, « Allah » veut précisément dire « Dieu ». Dans l’inscription originelle, on trouve donc deux fois le même mot : « il n’y a de Dieu que Dieu ».            La bonne traduction aurait donc dû reproduire la même répétition, dont l’objectif est certainement  d’insister sur l’unicité de ce Dieu, qui prétend par ailleurs à l’universalité, selon les Musulmans aussi  bien que selon les Juifs et les Chrétiens. C’est un caractère commun aux trois religions du Livre. « Il n’y a de Dieu que Dieu » signifie donc : « Il y a un seul Dieu ».            C’est une manière d’affirmer le monothéisme en frappant les esprits au moyen d’une figure de rhétorique (redondance, répétition ?)

            La traduction occidentale mélange l’arabe et le français, avec pour effet, volontaire ou non, de laisser entendre que le Dieu des musulmans, affublé d’un nom différent, aurait une identité différente de celle de ses « collègues » juif et chrétien.

 

            Comme si, dans une sorte de « Yalta divin », Dieu et Allah, (auxquels se joignirent Yahvé), avaient décidé de se partager le monde en vivant chacun retiré derrière son rideau de cire.